26/04/2011

Inverted Pyramid Museum

Un très beau design avec ce musée de la ville d’Hanoï conçu par le cabinet d’architectes allemand GMP Architects, et imaginé comme une véritable “pyramide inversée”. Près de 30.000 mètres carrés d’espaces et des niveaux supérieurs accessibles par une rampe en spirale.


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12/03/2011

Une ballade d'amour et de mort avec la sélection d'expos du journal " Le Monde"


  • Othoniel au Centre Pompidou: à 47 ans, l'artiste français Jean-Michel Othoniel, connu pour des réalisations baroques et monumentales comme Le Kiosque des noctambules, qui coiffe l'escalier de la station de métro Palais-Royal, bénéficie d'une rétrospective au Centre Pompidou. (Le Monde du 12 mars). Exposition bienvenue pour rappeler la carrière d'un jeune prodige, exposé dès 1992 à la Documenta de Cassel et qui révèle un univers plus complexe et rude qu'il n'y paraît.
"Jean-Michel Othoniel, My Way", Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, Paris 4e, métro Rambuteau. Tél. : 01-44-78-12-33. Jusqu'au 23 mai, tous les jours sauf mardi, de 11 heures à 21 heures. Entrée : 12 euros. Catalogue, 264 p., 39,90 euors. Ha. B.

… et Morellet aussi: à 85 ans, François Morellet signe une exposition ébouriffante au Centre Pompidou (Le Monde du 7 mars), avec une trentaine d'œuvres souvent anciennes, mais que leur caractère éphémère avait pu effacer des mémoires. Des installations abstraites, géométriques, mais où le système mathématique est toujours teinté d'une dose d'absurde, qui les fait basculer vers l'humour et la poésie.
" François Morellet, réinstallations ", Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, Paris 4e, métro Rambuteau. Tél. : 01-44-78-12-33. Jusqu'au 4 juillet, du mercredi au lundi, de 11 heures à 21 heures. Entrée : de 8 euros à 12 euros. Ha. B.

  • La science à Versailles: les distraits peuvent remercier Versailles : le château a décidé de prolonger jusqu'au 4 avril sa remarquable exposition racontant comment, sous Louis XIV, le palais était devenu terrain d'expérimentation pour les sciences nouvelles. Initiative reprise par ses successeurs, Louis XV et Louis XVI. Toutes sortes d'instruments et mécanismes sont montrés, dont le premier ascenseur, la maquette de la machine de Marly, mais aussi quantité de globes célestes et terrestres, pendules et lunettes astronomiques, baromètres, microscopes, centrifugeuse, machine à faire le vide, etc.
"Sciences et curiosités à la cour de Versailles", château de Versailles, RER C Versailles-Rive-Gauche. Jusqu'au 27 février, de 9 heures à 17 h 30. Entrée : de 13 euros à 15 euros (audio-guide inclus) ; entrée libre pour les moins de 26 ans. Catalogue, éd. RMN/Château de Versailles, 279 p., 45 euros. Fl.E.

  • Une ballade d'amour et de mort: au milieu du XIXe siècle, en Grande-Bretagne, les peintres préraphaélites ont lancé une drôle de révolution : rejetant l'académisme, ils prônent une peinture plus sincère, plus proche de la nature, attentive aux détails. Le tout donne des paysages bucoliques, des héroïnes tragiques inspirées par la poésie et les légendes arthuriennes. La photographie, cet art nouveau qui se cherche, leur emboîte le pas.
    "Une ballade d'amour et de mort, photographie préraphaélite en Grande-Bretagne, 1948-1875", Musée d'Orsay, 1 rue de la Légion-d'Honneur, salles 68 à 72, Paris 7e. Tél. : 01-40-49-48-14. Jusqu'au 29 mai, du mardi au dimanche de 9 h 30 à 18 heures ; jeudi jusqu'à 21 h 45. C. Gu. 
  • Jean-Louis Forain au Petit Palais: première rétrospective consacrée à Jean Louis Forain (1852-1931) à Paris depuis 1978, l'exposition du Petit Palais est une suite de découvertes. Elle commence par ses œuvres sur papier des années impressionnistes, observations sarcastiques et indignées sur la mondanité, la prostitution et le pouvoir de l'argent dans le Paris des années 1870 et 1880. Manet et Degas, les "pères" artistiques de Forain, s'en sont parfois inspirés. Elle finit par ses toiles postérieures à la Première Guerre Mondiale, presque inconnues jusqu'à maintenant, plus violentes encore. Entretemps Forain a commis l'erreur qui a entaché sa réputation : prendre parti contre le capitaine Dreyfus, au risque de tomber dans l'antisémitisme. Ce colérique s'est alors gravement fourvoyé. Reste la puissance de ses premières et de ses dernières fureurs. "Jean Louis Forain, La Comédie parisienne", Petit Palais, avenue Winston Churchill, Paris 8. Mo Champs-Elysées-Clemenceau. Tél.: 01-53-43-40-00. Jusqu'au 5 juin. Du mardi au dimanche, de 10 heures à 18 heures ; jeudi jusqu'à 20 heures. 10 €. Ph. D


Article paru dans Le Monde.fr | 11.03.11 | 17h01,

04/03/2011

Visite à Pompidou

Pour celles que ne le savent pas encore, je suis agent d'accueil et de surveillance depuis 3 jours au Centre Pompidou. J'espère que cette situation sera provisoire. Cependant si vous souhaitez venir voir les expositions, faites moi signe, je vous ferai rentrer gratuitement.

Mélanie

La Gaîté lyrique, décollage réussi !

Les mouvements de foule qui, le 11 octobre 2008, avaient présidé au lancement du Centquatre, rue d'Aubervilliers, n'avaient pas empêché la raréfaction progressive des visiteurs. Réparties du 2 au 6 mars pour juguler le trop-plein d'affluence, les journées marquant, près du carrefour Réaumur-Sébastopol, la réouverture du théâtre de la Gaîté lyrique, transformé en temple des cultures nouvelles et des arts numériques permettront à un public qui s'est précipité pour réserver ses invitations par Internet de découvrir les premiers concerts, projections, expositions ou installations interactives proposés dans ce lieu, devenu un des enjeux majeurs de la politique culturelle parisienne.
Le raout des officiels, lui, avait lieu mardi 1er mars. Avec quelques personnalités, comme Jean-Michel Jarre ou Philippe Djian. Mais sans discours du maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a annulé à la dernière minute. Curieux silence, compte tenu des 85 millions d'euros investis par la municipalité dans le projet. Le directeur de la Gaîté lyrique, Jérôme Delormas, 48 ans, expliquait que le maire lui avait confié que la modernité de l'endroit rendait désuet le cérémonial du discours.
Blancheur clinique
Force est de reconnaître que derrière la façade XIXe siècle, les 2 500 personnes de ce premier soir ont pu pressentir le potentiel d'une impressionnante boîte à outils. On déambule sur les cinq niveaux (sur sept) ouverts au public, en passant des escaliers colorés aux plateaux d'une blancheur presque clinique. Sons et lumières cheminent à vos côtés. Premier collectif d'artistes à scénographier l'endroit, les Britanniques d'UVA profitent des commandes individuelles des 700 points lumineux et des 320 haut-parleurs repartis dans les plafonds. Les qualités modulables des lieux ont permis l'installation de leur forêt de leds s'illuminant au rythme des mouvements et des sons, leur projection d'un mur de visages détournant la technologie de surveillance ou une performance interactive, dans la petite salle du niveau -1.
"Si les lieux d'exposition existent dans le monde pour les arts numériques, aucun, à ma connaissance, n'est aussi bien équipé ou conçu, s'enthousiasme Ben Kreukniet, un des membres de UVA. C'est une toile idéale sur laquelle créer des oeuvres."
La pépinière des artistes numériques sera-t-elle suffisante pour exploiter ce potentiel sans singer le Palais de la découverte ? "Plus que le lieu des arts numériques, la Gaîté veut explorer les créations à l'ère de la révolution numérique, précise Jérôme Delormas. Il s'agit d'une approche pluridisciplinaire, refusant de se contenter de l'interface souris-clavier pour privilégier une dimension humaine."
On croise d'autres résidents de la semaine. La compagnie I Could Never Be a Dancer chorégraphie un parcours à l'échelle du bâtiment, les danseurs retranscrivant les codes technologiques avec leur corps. Dans l'auditorium, la compagnie Rimini Protokoll, du Suisse Stefan Kaegi, mêle théâtre, panel de sondage, jeu vidéo dont les spectateurs sont les héros.
Destiné à la recherche et à l'étude, le premier étage abrite un "centre de ressources", équipé d'"éclaireuses", des modules mobiles qui se font bureau, bibliothèque ou poste multimédias. Dans le périmètre "jeux vidéo", six postes à grand écran blanc reconstituent pour l'instant une petite histoire des jeux de plate-forme (de Mario à Avatar).
Autant par conviction que par nécessité financière, les concerts tiendront une place centrale dans l'activité. Situé au deuxième étage, comme le magnifique foyer d'origine et ses luminaires futuristes, la "grande salle" de 750 places a déroulé huit écrans sur ses murs noirs à l'occasion du set du DJ Gilles Peterson. Ils pourront être jusqu'à 46 écrans pour entièrement immerger le spectateur dans les images. En espérant que les musiciens jouent le jeu de ces promesses visuelles.

Gaîté lyrique, 3 bis, rue Papin, Paris 3e. Tél. : 01-53-01-51-51. Soirées d'ouverture du 2 au 6 mars. 

Article écrit par Stéphane Davet pour "Le Monde", dans l'édition du 03.03.11

15/02/2011

Au coeur des œuvres d'art avec Google

"Envie de voir La Bohémienne endormie, du Douanier Rousseau ? Il faut aller à New York, où elle est conservée au MoMA. Le Portrait d'Henri VIII par Hans Holbein ? Un petit voyage à Madrid, au Musée Thyssen. Les Ambassadeurs, du même ? Il faut voguer jusqu'à Londres, et la National Gallery. Ou alors, confortablement assis dans son fauteuil, cliquer sur son ordinateur sur le site googleartproject.com.
Après une première expérience tentée avec le Prado (Le Monde du 19 janvier 2009), ce sont désormais dix-sept musées du monde entier, de Berlin à Versailles en passant par Saint-Pétersbourg, qui peuvent s'y visiter virtuellement, selon le principe du "street view" déjà développé par le moteur de recherche.
L'oeil glisse ainsi au-dessus des parquets de l'Hermitage ou de la National Gallery. Attention toutefois à ne pas jouer trop vite de la souris, au risque de se retrouver expulsé en plein Trafalgar Square. La balade est en effet amusante, mais pas très pratique, sauf à utiliser les plans de salle ou les menus déroulants. L'aspect le plus spectaculaire de ce projet n'est cependant pas là, mais plutôt dans la possibilité qu'il offre de voir les reproductions de 1 060 oeuvres desdites collections photographiées en très haute résolution, à 7 milliards de pixels ! Quel intérêt ? De zoomer dessus, bien sûr.
Dans le cas du Portrait de Joseph Roulin de Van Gogh, cela permet de distinguer chaque touche de pinceau, et jusqu'à la trame de la toile. L'exercice est encore plus spectaculaire avec Les Ambassadeurs d'Holbein. Certes, le site officiel de la National Gallery (nationalgallery.org.uk/paintings/hans-holbein-the-younger-the-ambassadors) permettait déjà d'en agrandir les détails, mais pas avec une telle précision.
On sait que le personnage de gauche représente Jean de Dinteville, ambassadeur de France auprès d'Henri VIII et seigneur de Polisy. Les historiens d'art avaient d'ailleurs remarqué que, sur le globe terrestre figurant près de lui, le nom de son fief était clairement indiqué. Sauf que qui voulait vérifier cette assertion devait se pencher sur l'original avec une très forte loupe, en déclenchant sonneries d'alarme et colère des gardiens. Désormais, c'est possible. Tout comme il est possible de zoomer sur son béret, où est fixé un médaillon en forme de crâne, écho quasi invisible habituellement de la tête de mort représentée près du sol par une célèbre anamorphose. On constate aussi d'autres bizarreries, qui pourraient même faire évoluer les recherches sur l'artiste : pourquoi, par exemple, indique-t-il clairement sur son globe, non seulement Polisy, mais aussi Arras et Lyon, quand il omet Londres, Paris, et même Bâle, où il a pourtant commencé sa carrière et dont il est citoyen ?
Après le temps de la fascination vient celui des regrets : pas la plus petite explication, ni le moindre commentaire pour accompagner les images. Pour cela, certes, d'autres sites ne manquent pas (dans le cas des Ambassadeurs, numerare.fr/holbein/start.htm, par exemple), mais c'est tout de même frustrant. Comme l'idée bizarre d'inclure dans les images à haute résolution des sculptures, comme les Canova de L'Hermitage, mais sous un seul angle, ce qui est la négation même de la ronde-bosse qui exige de tourner autour.
La dernière déception vient du choix, pour l'instant très limité, des oeuvres reproduites. Qui veut voir Les Demoiselles d'Avignon de Picasso devra toujours prendre l'avion et aller à Manhattan : le chef-d'oeuvre fondateur du cubisme n'a pas été sélectionné pour le projet. Mais au fond, se frotter à l'original reste indispensable. Car il est un détail que l'ordinateur est incapable de reproduire, c'est le format. Et une sensation qui demeure inégalable, c'est celle de la confrontation directe avec l'oeuvre, même avec un regard de myope."
 
Harry Bellet  

Article paru dans "Le Monde", dans l'édition du 15.02.11

09/02/2011

Décès de Françoise Cachin, figure des musées français


Selon les informations du Monde, Françoise Cachin serait décédée dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 février.

Conservatrice, figure des musées français, Françoise Cachin est née en 1936. Petite-fille de Marcel Cachin, fondateur de L'Humanité, mais aussi du peintre Paul Signac, elle étudie l'art et la muséologie avant de passer ne concours de conservateur des musées de France en 1967.

Elle entame une carrière dans les plus grands musées parisiens, devenant successivement conservatrice au musée national d'art moderne, au palais de Tokyo, puis au centre Pompidou.

Elle travaille ensuite sur la conception et la préparation du musée d'Orsay, de 1978 à 1986. A l'ouverture du musée, elle en prend la direction jusqu'en 1994. Elle est ensuite nommée directeur des musées de France par Jacques Toubon, titre qu'elle conserve à titre honoraire après sa retraite, en 2001.

Adversaire déclarée de la commercialisation des musées, elle avait cosigné, en 2006, une tribune dans Le Monde, avec Jean Clair et Roland Recht, contre le projet du Louvre d'Abou Dabi, aux Emirats Arabes Unis, qualifié dans le texte de "Las Vegas des sables".

Article du Monde, paru le 5 février 2011